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"Feux d'automne
vigoureux, joyeux et forts.
Colorent le jardin et tout autour.
illuminent.
gouvernent.
couronnent.
volonté, c'est ton honneur."
On est bien dans ce temps là aussi. il y a toujours un moment où il faut accepter de lacher l'éclat de l'été. quelques frissons, et regret puis accueillir le changement de couleurs, la transformation chaude autour de chez vous.
Et quand Bulles de vie VOUS rend hommage (et à d'autres sites sublimes aussi). Vous aussi, vous rougissez (du plaisir d'être reconnu et de tomber dans sa lumière) allez vite voir ça :
"Qu'est ce qui sera vraiment sauvé...?
Ce à quoi on a vraiment donné attention...!
même si celà ne laisse vraiment pas de trace..."
C'est encore Christian Bobin qui me fait la leçon. Il me dit tout. Alors c'est donc possible...même si je n'arrive à le saisir et le restituer. même sans celà, CELA sera peut être sauvé. fichtre alors !
Alors ça va.
Et pour dire à quel point mon infra-ordinaire de ce midi (une pomme tranchée et dégustée, une lumière d'automne dans la maison, le souvenir de sa voix...) me saisit.
"Anna Maria Ortense a une tristesse naturelle, ce qu'elle appelle joliment sa "lentille sombre".
Mais cette mélancolie est ici amendée par une combativité qui lui INTERDIRA, malgré tout, le défaitisme."
"C'est à cette perception, je dois dire qu'est peut être due ma proposition au PEU, ou au néant et mon respect pour l'utopie, toujours haute et présente comme une lumière blanche"
"ah, douce heure impromptue déchirant le voile de la mélancolie...
en une fraction d'éternité, tout change et se transfigure.
(...)
je penche doucement la tête, je songe au camélia sur la mousse du temple, à une tasse de thé, tandis que le vent au dehors, caresse les frondaisons, la vie qui s'enfuit se fige en un joyau sans lendemain, ni projets.
le destin des hommes, sauvé de la pâle succession des jours, s'auréole enfin de lumière et dépassant le temps embrasse mon coeur quiet".
merci pour ça aussi à Muriel Barbery et son "élégance du hérisson".
http://simplyphoto.blogspot.com/
Jour de mercredi chOmé.
Aprés 15 jours épiques.
Retrouver son chez soi (en soi).
"Aucune chose n'est faite pour elle seule,
Je dis donc que la terre entière et les étoiles dans le ciel sont faites pour le regard
Je prétends qu'aucun homme jusqu'à nous n'a fait preuve de suffisamment de dévotion,
N'a adoré, n'a vénéré avec suffisamment d'adoration,
N'a seulement commencé d'imaginer combien lui-même avait de divinité en lui, combien de certitude le futur avait pour lui."
"Donc la vie, c’est d’abord une affaire de longueur. C’est vrai, le temps passe très vite mais la vie est très longue. Et, c’est sûr, nous sommes inquiets. On a l’impression qu’on n’aura jamais assez de force, d’énergie, de dynamisme, de courage pour supporter la vie jusqu’à la fin, pour aimer la vie jusqu’au bout.
Eh bien, je voudrais tout simplement vous dire ceci : va seulement avec la force que tu as. Oui, je sais, tu n’as que la force que tu as, rien que la force que tu as, mais va quand même, avec cette force-là. Et tu verras, elle te suffira.
Voyez, par exemple, Gédéon,. C’est un paysan comme les autres. Et l'autre lui dit, il faut que tu sois brave, il faut que tu affrontes des dangers. Et lui, il répond : Mais voyons, tu n’y penses pas. Je ne pourrais jamais y arriver. C’est exactement ce que nous nous disons tous lorsque les choses deviennent difficiles. Et l'autre répond à Gédéon : Va avec la force que tu as, cela te suffira.
C’est vrai, demain tu auras de nouveau à faire face. Demain, ce sera de nouveau difficile. Mais va seulement avec la force que tu as. Va avec ce que tu es, avec ce que tu as. Cela te suffira.
On te dit que, pour affronter la vie, il faut être fort. Et bien moi je te dis : ce n’est pas vrai.
Tu as le droit d’avoir peu, et tu pourras vivre avec ce peu. Mais si ! On peut croire, même avec peu de foi. On peut espérer, même avec peu d’espérance. Et on peut même aimer son prochain et son conjoint, même avec peu d’amour. En tout temps et en tout lieu, tu trouveras ce qu’il te faut de courage, ce qu’il te faut... Et tu verras, cela te suffira.
Je voudrais aussi ajouter ceci. La force qui compte le plus dans la vie, c’est la sérénité. Oui la sérénité. J’ai rencontré il n’y a pas si longtemps un vieil homme. Il avait eu un grave accident, il avait perdu sa femme, puis sa seule fille. Il était là tout seul dans une maison de retraite. Il m’a dit : c’est curieux, mais j’ai toujours gardé une forme de sérénité, quoi qu’il arrive. Même lorsque je suis battu et bousculé par les épreuves, il y a une part à l’intérieur de moi-même qui reste sereine. Un peu comme une porte qui reste cependant fixe sur ses gonds, même lorsqu’elle est battue par le vent. Elle est retenue par un montant qui reste toujours stable et fixe. Voyez-vous, je sais que, quoi qu’il arrive, Dieu tient le montant de ma porte. Et le vieux monsieur a ajouté ceci : j’en suis sûr, tout le monde a en lui-même une certaine force de sérénité et de confiance. Il faut simplement accepter de s’appuyer dessus.
Je voudrais aussi dire ceci. Dans la vie, il y a aussi une autre force qui compte. C’est de savoir oublier le passé. Les mauvais souvenirs, les rancunes, c’est tout cela qui nous empêche de vivre. Oui, je vais vous dire quelque chose qui fait un peu froid dans le dos. Aujourd’hui, c’est le premier jour de la vie qu’il vous reste à vivre. Et oui, que vous ayez quarante ans ou quatre-vingts ans, aujourd’hui, c’est le premier jour de ce qu’il vous reste de vie. Et il n’y a pas de temps à perdre. Ce n’est pas la peine de vous emberlificoter avec ce qui s’est passé dans le passé. Vous vous souvenez de la chanson d’Edith Piaf : Je repars à zéro, je me fous du passé, et du mal qu’on m’a fait. Demain est un autre jour. Oui, c’est vrai, pardonner aux autres, c’est souvent une manière de revivre.
Oui, c’est cela. Jour après jour, année après année, vivre les épreuves avec un peu de détachement, oublier le passé et profiter du temps qu’il nous reste avec les forces qu’il nous reste. Et cela nous suffira pour aller jusqu’au bout de la vie.
Mais, voilà, ce qui compte dans la vie, ce n’est pas seulement la longueur, c’est aussi la largeur. Ce qui rend la vie tristounette, c’est lorsqu’elle manque de largeur, c’est lorsque l’on a l’impression de tourner en rond. C’est ce qu’on appelle le mal de vivre, la mélancolie, l’ennui. Cela peut conduire au suicide. Vous connaissez cela. Moi aussi.
Soit, me direz-vous. Mais comment faire ? C’est vrai, s’il pouvait y avoir des remèdes à la lassitude de vivre, cela se saurait. Mais je voudrais quand même vous raconter une petite histoire du grand écrivain Elie Wiesel. Il était une fois un alerte vieillard. Il était curieux de tout et il s’intéressait à tout. Et il voulait absolument savoir ce que c’est que le paradis. Et il s’adresse à Dieu et lui dit. Mon Dieu, dis moi, le paradis, c’est quoi ? J’ai cherché partout. J’ai lu la Bible et aussi le Coran. Je me suis intéressé à Nostradamus, à l’Evangile de Judas, au dernier livre de Jean d’Ormesson. J’ai passé des heures avec ma concierge qui croit à l’astrologie. J’ai posé des questions à mon cousin qui est professeur à la Sorbonne. J’ai lu des livres sur les Papous et les Zoulous, j’ai regardé des émissions de télé sur les Bantous. Et je ne sais toujours pas ce que c’est que le paradis. Et c’est alors que Dieu lui répond, et lui dit avec sa voix profonde : mais, mon ami, tu sais très bien ce que c’est que le paradis. Tu es déjà au paradis. Etre curieux de tout, c’est être déjà au paradis. S’intéresser à tout, c’est le paradis de la vie, c’est la largeur de la vie, c’est le plaisir de la vie. C’est le remède à la mélancolie et à l’ennui. Mets du large dans ta vie.
J’ai aussi une autre petite histoire sur la largeur de la vie. Il était une fois des gens qui s’intéressaient à leurs prochains et même à leurs lointains. Ils allaient porter de la camomille à la petite dame d’à côté. Ils tricotaient des kilos de couvertures de laine pour les petits enfants de Madagascar. Ils apprenaient le jeu de l’oie au petit arabe du coin. Mais ils n’étaient pas très religieux et ils ne fréquentaient guère les églises. Et pourtant, un beau jour, ces braves gens arrivent au paradis. ce qui est sûr en tout cas, c’est que, s’intéresser aux autres, c’est le contrepoison de la solitude, de la lassitude de vivre et de la monotonie des journées. S’intéresser à son prochain, c’est donner du large, de la largeur et de la largesse à sa petite vie.
Et puis, je ne sais pas si vous l’avez noté, mais le prochain, cela peut avoir deux sens. Le prochain ce n’est pas seulement celui qui vous est proche. Le prochain, c’est aussi le prochain que vous rencontrerez, la prochaine personne que vous rencontrerez au hasard de vos rencontres. Et, voyez-vous, ce sera peut-être un fantassin qui revient de loin, ou un périgourdin un peu coquin ou tout simplement un voisin dont on ne connaissait rien. Oui, vous le voyez, le prochain, c’est l’aventure, c’est l’inconnu. Et quelquefois même, c’est du jamais vu.
Mais si. Je vous assure, même quand on devient âgé, l’intérêt pour les autres, pour le prochain, pour le prochain prochain, cela vous emmène toujours en voyage. Oui, à tout âge, on peut toujours s’intéresser aux autres, leur passer un coup de fil, leur demander ce qu’ils deviennent. Ou bien on peut tout simplement penser à eux en imaginant leur vie. Imaginez la vie de votre petit fils Thierry qui est parti creuser des puits en Somalie. Ou celle de votre petite-fille Marion qui fait des jupes et des jupons. Ou celle de votre cousin Benoît qui se passionne pour les vers à soie tout près de la bonne ville de Troie. Oui, les autres, c’est cela qui fait rêver. C’est cela qui donne du pétillant à la vie, « du peps » à la vie, et aussi du cœur à la vie. C’est la largeur de la vie.
Et j’en viens maintenant à mon dernier point : la hauteur de la vie. La hauteur de la vie, c’est quoi ? Prendre de la hauteur, c’est quoi ?
Prendre de la hauteur, c’est, d’abord, tout simplement, avoir un peu le sens de l’humour. Vous le savez bien, quand on reste au ras des pâquerettes, les taupinières paraissent des montagnes infranchissables, insurmontables. En revanche, ces taupinières, vues d’en haut, avec le regard de l’humour, et bien elles sont beaucoup moins terribles. Les choses reprennent leur juste place. Vous en conviendrez, si on avait un peu plus d’humour, cela dégonflerait bien des baudruches, cela éviterait bien des conflits et aussi bien des divorces.
Mais donner de la hauteur à sa vie, ce n’est pas seulement cela.
Voyez-vous, ce qui donne de la hauteur à la vie, c’est d’avoir pour sa vie, un désir, une ambition qui dépasse la défense de ses petits intérêts personnels et de son petit bonheur à soi.
« L’espérance a deux très beaux enfants. L’un s’appelle le courage et l’autre la colère ». Oui, vous avez bien entendu : les deux enfants de l’espérance, ce sont le courage d’entreprendre ce que l’on peut entreprendre, et aussi l’indignation et la colère devant les injustices. Et en fait, c’est tout un. Ces deux enfants, ce sont des jumeaux.
Oui, voyez-vous, ce qui donne de la hauteur à la vie, de la force à la vie, c’est l’indignation.
Je conclus. Je reviens à mon petit-fils qui s’appelle Adam. Il connaît trois choses importantes : la longueur, la largeur et la hauteur. Mais je serais content que, peu à peu, il découvre aussi trois autres points qui comptent dans la vie. La sérénité et l’oubli du passé pour vivre la longueur de la vie. La curiosité et l’intérêt pour les autres pour vivre la largeur de la vie. Et l’indignation devant les injustices pour vivre la hauteur de la vie.
Je voudrais terminer par cette exhortation inspirée d’un texte du Pasteur Martin Luther King[3] :
Donnez-vous pour tâche de découvrir ce que vous pouvez faire ici-bas, et dès lors consacrez-vous avec passion à le faire. C’est la longueur de la vie.
Restez fidèle à l’amour et aimez votre prochain, car ce n’est pas seulement une exigence, mais c’est aussi un contrepoison et une chance. C’est la largeur de la vie.
Houziaux. 2005
"voilà fait".
La gourmandise du week-end.
Quelle richesse que cette nouvelle semaine professionnelle...au service de la création (graphique, visuelle, intellectuelle, personnelle), au service des tournages photographiques (la rencontre) et au service de ce qui va être dit...
ça part chez l'imprimeur Mercredi...pis aprés y aura les 11 autres livres à travailler (sur 6 mois)...
quel taf' mais quelle chance. Merci à celui qui me fait confiance (sic).
alors au week-end..
des gourmandises...
et un changement visuel nécessaire sur Immemory (retour aux origines) , latent, puis inspiré (merci )par la magnifique Bulles de vie : http://bullesdevie4.hautetfort.com/
Alors bien sur...depuis 15 jours j'ai repris le "travail".
N'empêche.
La vraie rentrée, c'est demain.
Le mois d'AOut est terminé. Les uns et les autres reprennent.
Juste un dernier regard sur quelques images, souvenirs des mois passés.
C'est curieux, ce moment là. Reprendre, en mieux, le rythme des jours. Sous le signe, encore un peu plus, des enfants. Les accompagner encore un peu plus...leur permettre de grandir dans des moments de partage avec nous. Leur faire découvrir le goût pour cette vie et ce qu'elle peut nous apporter pour peu qu'on prend le temps. Oui, prendre le temps.
clic pour agrandir.'
avec Eric Reinhardt, en ce premier jour de Septembre, j'aime bien la féerie joyeuse et lucide des mots que l'on retrouve dans chacune de ses interviews :
"Nous sommes tous des cendrillons qui aspirons à accéder à des espaces de clarté où nous pourrions nous éprouver comme vivants, où nous serions reconnus pour ce que nous sommes, c'est à dire uniques. cet espace de clarté, c'est le bal où paraît Cendrillon, qui n'est pas seulement un lieu de fête où elle se donne à contempler, mais un espace temporel borné par le minuit fatidique, une sorte d'instant de grâce qui se dilate : il faut réaffirmer avec force l'importance du présent et du sensible, en d'autres termes de la vie poétique. Il s'agit avant tout de devenir visible, que ce soit à travers l'amour, une rencontre, une minute de féerie, la reconnaissance d'un mérite, un regard croisé ans la rue. Il s'agit de croire en soi et d'avoir la foi. (...) Si l'on ne trouve pas en soi les ressources d'une ferveur ou d'un enchantement, la réalité peut vite se révéler facilement cauchemardesque. (...). La seule issue possible, face aux incertitudes de notre époque, est de vivre poétiquement."