"Faire des films, c’est essayer de faire voir le fleuve du temps, et de cette manière, tenter de poser un barrage... ou bien plutôt un pont."
Mia Hansen Love.
«Ce qui décline aujourd'hui, fatigué
Se lèvera demain dans une renaissance
Bien des choses restent perdues dans la nuit
Prends garde, reste alerte et plein d'entrain !
Joseph von Eichendorff
(...)
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Et puis de dire (et c'est assez rare que j'en dise autant mais là je le dois bien pour certaines personnes qui se demandent peut être)
qu'après ça (www.laurentprum.fr) qui était devenu impossible à poursuivre
voilà maintenant une semaine que je retravaille pour une vraiment très belle
Maison d'Edition et Boite de Production pour le public Enfants.
pour l'instant sur le volet apports humains
Cette semaine, le thème travaillé : la solidarité
la semaine prochaine : la passion (rien que ça)
pour un envoi chez l'imprimeur début Novembre...
et en écho évident du jour :
"... les mots manquent pour définir l'admiration sans réserve que suscite ce film. Maturité ? Maîtrise ? Mesure ? Sans doute, encore que ces vocables font injure à la jeunesse et au tremblé de cette oeuvre. Elégance, limpidité, profondeur seraient plus opportunes pour caractériser la stupéfiante justesse de la mise en scène, aussi précise, sensible et fulgurante qu'un rayon laser (...) Comment une telle émotion peut émaner d'une oeuvre à ce point dénuée de pathos et au style si transparent ? Trois éléments, fortement liés, oeuvrent à ce résultat. Le rapport très audacieux au temps, où des ellipses impressionnantes voisinent avec le développement d'instants pas nécessairement forts mais toujours évocateurs. Le récit essentiel qui en résulte, selon une trame lacunaire qui s'accorde elle-même à la conscience subjective et parcellaire qu'en ont les personnages. L'extraordinaire justesse enfin des acteurs qui incarnent ces personnages, depuis Paul Blain (Victor) jusqu'à Constance Rousseau (Pamela adolescente), justesse d'autant plus grande que ce film ne juge pas ses personnages mais se nourrit des raisons de chacun. Le reste, qui est sans doute l'essentiel, tient au sentiment qui a inspiré ce récit à Mia Hansen-Love, où il entre autant de lucidité que de beauté, mais de cette sorte de beauté qui est la plus rare : celle de l'âme." Jacques Mandelbaum, Le Monde
" Tout est pardonné, qui n’a pas le moindre signe apparent de « film politique », est pourtant un rigoureux agencement de questions de liberté, au nom d’idéaux d’autant plus beaux qu’ils ne sont jamais statufiés mais toujours perçus « à la marge », comme à l’extrême bord d’un champ de vision qui ne semble focalisé que sur une « petite histoire de famille ». Il faut un art très exact et délicat de la mise en scène, de la composition de chaque plan, du rythme de déplacement des corps, de la modulation des voix, de la distance aux visages, pour faire advenir ainsi, sans jamais le dire, combien les tristes mésaventures d’un beau jeune adulte un peu mou, de sa méritante jeune femme, de leur petite fille devenue plus grande sont récits de vie (et de mort) pour chacun. Il faut, par exemple, y convoquer cette extrême simplicité de la narration, qu’on pourrait résumer d’un seul trait : filmer chaque scène comme si elle était la première et la dernière, comme si le sort du monde entier pouvait s’y jouer, comme si elle était tout le film. Tout est pardonné comporte très peu de « scènes clés » ou de climax, la « clé » est de croire que chaque moment de l’existence peut être d’une égale dignité, que tout se joue sans cesse, qu’on peut filmer un repas d’anniversaire, une promenade au jardin, une conversation au bistrot entre copines avec la même urgence, la même nécessité, la même disponibilité - y compris à l’égard de personnages qui n’apparaîtront que quelques secondes dans le film - que si le « destin » des personnages s’y jouait. Cette relation au monde, aux personnages, à l’histoire, rappelle Rozier et Eustache, sans doute, elle trouve ici une tonalité particulière, un peu plus en recul encore que du côté de Philippine ou du Père Noël. Elle laisse passer plus d’air, se donne comme encore plus accueillante à ce qui fait la texture et la couleur des instants. Plutôt que de simplicité, il aurait sans doute fallut dire « concrètement ». Le film fuit du plus loin tout ce qui ressemble à une métaphore ou à une généralité. Une feuille est une feuille, une famille est une famille, un visage est un visage..." Jean-Michel Frodon, Cahiers du Cinéma
"Il y a ici, dans la façon de marcher, de parler, de dialoguer, de chuchoter, de zigzaguer, un hommage naturel et non forcé aux grands insaisissables : Bergman, Garrel, (...) Comme chez eux, la maturité consiste ici à dire la fugue et ne lui faire aucun reproche. Comme film, il est à son tour irréprochable." Philippe Azoury, Libération
"... Les silences et les blancs laissés tels quels dans le cheminement d'un récit qui a la même élégance lacunaire qu'un livre de Stifter ou de Modiano. La fragilité des individus, leur désir de liberté et les erreurs qu'ils commettent au nom de ce désir, le sentiment du temps perdu et le bricolage hédoniste que cette perte entraîne vaille que vaille, la cinéaste affleure ses thèmes sans les imposer, plutôt comme Victor, l'air de rien, en douce. Si l'on cherche des filiations à Mia Hanson-Løve, critique aux Cahiers du cinéma, il faut regarder du côté de Philippe Garrel et Jean Eustache. L'impression d'un flottement au coeur des dialogues avec ce léger décalage dans la voix comme si les phrases allaient s'inscrire devant leur bouche tels les phylactères des enluminures est une marque de fabrique eustachienne dans sa peinture du désenchantement post-68, la Maman et la Putain. L'époque des seventies est remplacée par un présent qui ici paraît antidaté, encore trempé des suées froides de la révolte, toujours fidèle à l'idéal d'une existence affranchie (...) La dernière partie tournée dans le Limousin ouvre le film sur des paysages d'été, d'une opulence et d'un calme absolu. L'élégance de la mise en scène, le choix des cadrages, des couleurs deviennent plus évidents encore. Et le film, dédié à la mémoire d'Humbert Balsan, se clôt sur quelques vers du romantique allemand Joseph von Eichendorff : «Ce qui décline aujourd'hui, fatigué/Se lèvera demain dans une renaissance/Bien des choses restent perdues dans la nuit/Prends garde, reste alerte et plein d'entrain !» Didier Péron, Libération
mais oui mais oui on demandait !
bravo Laurent qui voles de beaux projets en beaux projets et qui nous le fais partager
Rédigé par : Christie | 18 octobre 2010 à 06:30