" Epargnez moi votre amour, surtout s'il est oblatif.
Ne me ligotez pas avec des liens de miel.
Je n'aime pas cette humilité là. Plutôt un amour prédateur, de quoi se blesser.
On n’aime pas par devoir.
On n’aime ni au passé ni au futur.
L’amour est nouveau ou n’est pas.
Hors sécurité.
Du besoin au désir, du désir à l’amour, de l’amour à l’oubli.
L’amour commence par ravager, ouvre sur l’absolu, même si peu de gens s’en aperçoivent. Impossible de le capturer. Il survient. Alors il crée son exigence et sa sagesse armée.
Si nous nommons amour le seul jeu du désir, du plaisir et de l’habitude, si le détachement n’existe pas, c'est-à-dire si la mort souveraine n’est pas présente-absente en quelque manière dans l’instant, il n’y a pas de joie.
Le désir va plus loin que lui-même.
Pêcher c’est s’arrêter délibérement en route en refusant la joie qui délivre de soi.
Que faire, au sein de nos existences embrouillées ?
Rien, laisser faire l’amour. Devenir son complice, dans le bonheur ou la peine. Se mettre à la seconde place. Aimer sans espoir de retour.
Toute blessure peut devenir dure joie, dés aujourd’hui."
Jean Sulivan. Matinales. Itinéraire spirituel
Pour la photo, j'aime sortir mes photos des chutiers.
Commentaires