(...)
Je n'écris que très rarement deux notes sur une seule journée sur immemory.
Aujourd'hui, si.
et puis je m'en tiens là,
c'est mieux.
" Vous aviez déjà écrit un texte sur elle. Vous le lui aviez montré et puis vous l'aviez jeté. Manqué. Le portrait était manqué, il n'y avait rien à en sauver. Vous vouliez trop ce texte et la volonté ne va pas avec l'écriture, pas plus qu'avec l'amour. On ne dit pas : "je voudrais vous aimer". On dit : "je vous aime" et; le disant, on découvre un amour plus profond que tout vouloir.
A l'école, on vous a appris des choses. Dans la famille aussi. Mais les choses importantes, vous avez dû les apprendre seul, en bégayant, en tâtonnant, par exemple celle ci : la misère d'une volonté qui ne s'appuierait que sur elle même, la folie d'une vie bâtie comme une forteresse.
Ces gens à certitude, à volonté, ces gens de principe étranglés au lacet de leur vie, vous les avez toujours fuis. Le temps d'écrire ce texte, vous étiez devenu semblable à eux, vous étiez devenu un écrivain professionnel, quelqu'un qui sait faire les choses et qui, ne croyant plus qu'à ce savoir, ne laisse plis entrer dans son coeur l'inconnu de toutes choses - ce qui en elles est réfractaires à l'emprise de notre volonté.
Si vous vouliez ce portrait d'elle, c'était pour attraper un peu de sa lumière, et parce que vous ne voyez aucune autre raison d'écrire : toute présence a sa grâce singulière, attendant d'être dite. Maintenant que l'impatience vous a quitté, vous pouvez reprendre le tableau défait".
Christian Bobin.
L'inespérée.
Je pars en tournage pour le week-end à Paris.
Un sourire. Le vrai lointain fait venir la douceur.
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