(...)
"Ce voyage n'a duré que deux jours et il me semble que je pourrais t'en parler pendant des années.
Très peu me donne beaucoup à voir.
Trés-peu est pour moi le nom de l'abondance.
J'ai au coeur une bête sauvage qui ne sort que la nuit et pour quelques secondes. Elle s'empare des restes abandonnées par le jour - feuille, visage, parole- et elle regagne précipitamment son trou, ayant trouver de quoi manger pour deux siècles.
Ce n'est jamais la même chose dont elle se nourrit - ici un voyage, là une lecture, ailleurs un silence - mais c'est toujours la même joie qui est cherchée et parfois atteinte, une joie enfantine et légère comme une tâche de soleil".
"Il nous faudrait éclairer chaque présence d'un amour à chaque fois unique, adressé en elle à sa solitude inconsolable et pure. Il nous faudrait apprendre à compter un par un chaque visage, chaque vague et chaque ciel, en donnant à chacun la lumière qui lui revient dans cette vie obscure"
(C. Bobin. L'inespérée)
...à suivre
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