In memory. Le journal de la création. MEDIACLAP. Episode 5.
TRES BEAU TOURNAGE ET RENCONTRE
avec les jeunes solidaires du Secours Catholique
. Bibliothèque de rue. Gens du voyages -.
Mercredi 4 Mai.
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La générosité
Une définition de « la clé de toutes les autres vertus », laquelle mérite d'être entendue : la générosité correspond au bon usage de notre libre arbitre, à l'empire que nous avons sur nos volontés.
J'y trouve un stimulant appel à bien « utiliser » son existence.
En la conjuguant avec la maîtrise des passions, nous pouvons obtenir, ici-bas, le plus parfait des contentements.
La générosité permet de se bâtir en acte, de jouir de notre liberté qui nous place devant une multitude d'horizons.
En incitant à faire de sa vie une œuvre, elle nous donne, une juste raison de nous estimer. Elle m'évoque la parabole des talents des Évangiles.
Laissons-nous dormir nos dons ? Les gardons-nous pour nous ?
Portent-ils véritablement les fruits qu'ils promettent ?
La générosité nous appelle à nous vouer à l'autre, à mettre notre libre arbitre à son service.
À ce propos, un ami me rappelait qu'« une bonne action se paie toujours ». Souvent, nous croyons sincèrement faire plaisir et nous décevons. Parfois, notre gentillesse passe même pour une faiblesse et l'on profite de nos largesses. C'est précisément ce que réclame notre vertu, de la persévérance.
Cela nécessite une ferme résolution, de ne manquer jamais de volonté pour entreprendre et exécuter les choses qu'on juge meilleures.
Ici, une délibération est requise. Car, même si la manière dont mon acte sera accueilli ne dépend pas de nous, il s'agit de se demander quel est le bien que je poursuis. Une juste appréciation, un exercice constant de lucidité sépare notre persévérance d'une sotte obstination.
Quand je souhaite me rendre utile à autrui, il est sans cesse bon de songer à son intérêt et me rappeler que mon soutien peut l'humilier.
Le généreux, clairvoyant, sait s'adapter aux singularités.
Distinguer la pitié de la compassion.
Dans la première, prime la tristesse et j'aide l'autre pour m'en délivrer, pour me soulager, tandis que, dans la seconde, c'est l'amour qui m'anime et me conduit sur les chemins de la solidarité.
Faire bon usage de soi nous place en face de choix vertigineux.
Aussi, sommes-nous conviés à orienter notre existence vers un bien, vers un dépassement constant de soi.
Jamais, je ne peux me vanter de mes bonnes actions, ni m'installer dans l'autocélébration. La générosité ne regarde pas en arrière même si elle sait trouver la joie dans le don.
L'idéal du généreux a des accents pauliniens : il est patient. Il n'envie pas, ne connaît pas la haine ni la peur ni la colère,
« le généreux ne se préfère à personne ».
Y tendre, ce n'est pas se nier soi-même mais au contraire s'épanouir, faire fructifier nos talents et les répandre autour de nous.
Le généreux habite le monde avec force et douceur.
Celle-ci appelle une bienveillance devant la faiblesse des hommes et de soi, celle-là nous aide à persévérer, à rester fermes dans nos actes quand tant d'obstacles se heurtent à nos bonnes résolutions.
Ainsi, la liberté est un don.
Et notre grandeur est d'en bien user.
Je peux, en me mettant au service de l'autre, me déployer totalement. En servant, j'exerce la puissance de ma liberté.
Et il n'y a pas de service authentique sans amour.
Dans la générosité se cache une invitation qui, loin de nous accabler de devoirs, réveille au contraire notre liberté sans cesse menacée et réinterroge nos choix.
La liberté est un don.
Et notre grandeur est d'en bien user. En me mettant au service de l'autre, je peux me déployer totalement et exercer la puissance de ma liberté."
Alexandre Jollien
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