"Etre père, ce n'est pas sorcier. C'est un lapin dans un chapeau. C'est magie. Si pas de lapin, prenez un chat, ça marchera tout aussi bien. Ce sont les premiers pas que vous accompagnez à reculons, les mains offertes. Ce sont les bosses et des égratignures, un front à peindre en jaune et des genoux en rouge, selon que vous tirez votre palette arnica ou mercurochrome. C'est avoir un mouchoir, toujours avoir un mouchoir. C'est sucer une tétine salie de terre quand vous n'avez que la bouche pour la rendre acceptable. (...) Etre père, c'est avoir été fils et bricoler avec ça. (...) Vous êtes père et vous n'êtes pas sérieux pour autant. (...) Etre père, c'est une suite d'événements, petits et grands, dans la mémoire des lieux où ils se sont produits. Ce n'est jamais une théorie. C'est de la pratique. Etre père, ça ne s'explique pas, ça se raconte."
Jean-Yves Cendrey.
Etre père, c'est répéter, sans pouvoir s'user.
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Etre père, c'est être vivant.
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Etre père, c’est arracher un petit vélo vert d’une benne à feraille.
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C’est réparer le tricycle rouge qui a encore de l’avenir.
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Etre père, c’est être brouillé à mort avec le village maudit des pères à la manque.
Etre père, c’est ne jamais manquer de ressources pour égayer le temps
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Etre père, c’est sauver des sables mouvants.
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Etre père, c’est écarter les outils, asseoir son fils sur l’établi et le voyant si réussi, se prendre pour Gepetto.
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Quand il aura quatorze ans, vous lui demandez s’il a idée de ce que c’est la paternité. Il vous répondra : « c’est toi qui joue au tennis contre moi, torse nu, rougi par le soleil d’été, lachant des jurons à tout bout de champ et criant à chaque balle réussie
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Etre père, c'est avoir l'air bête, surtout sur les photos, mais l'assumer pleinement.
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Quand il aura quatorze ans, vous lui demandez s’il a idée de ce que c’est la paternité. Il vous répondra : « c’est toi qui joue au tennis contre moi, torse nu, rougi par le soleil d’été, lachant des jurons à tout bout de champ et criant à chaque balle réussie
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Etre père, c'est être loin de mondanités.
"Il dit : je t'aime et je suis désolé de t'aimer si peu, de t'aimer si mal, de ne pas savoir t'aimer. C'est que plus il s'approche de la lumière, et plus il se découvre plein d'ombres. Plus il aime et plus il se connait indigne d'aimer.
C'est qu'il n'y a pas de progrés en amour, pas de perfection que l'on pourrait un jour atteindre. Il n'y a pas d'amour adulte, mûr, raisonnable. Il n'y a, devant l'amour aucun adulte. Que des enfants, que cet esprit d'enfance qui est abandon, insouciance, esprit de la perte d'esprit.
L'age additionne. L'expérience accumule. La raison construit. L'esprit d'enfance ne compte rien, n'entasse rien, ne bâtit rien. L'esprit d'enfance est toujours neuf, repart toujours au début du monde, aux premiers pas de l'amour.
L'homme de raison est un homme accumulé, entassé, construit. L'homme d'enfance est le contraire d'un homme additionné sur lui même : un homme enlevé de soi, renaissant dans toute naissance de tout. Un imbécile qui joue à la balle. Qui se réjouit des arcs en ciel"
C. BOBIN. Le trés bas
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