"Dans ma course un peu folle en habits de dimanche,
J’ai traversé des ponts et franchi des barrières.
Où donc m’en suis-je allé ?
L’enfant des basses brumes endormi sur la mousse
A senti son haleine tendre et reccueillie.
Le carillon lointain a résonné trois fois.
La toge blanche n’est qu’un prétexte,
Qu’avais-il lu déjà ?
Oh qu’il est lourd ce cœur quand on a trop de peine.
Ces maisons qui défilent
Et cet arbre estompé
Vont-ils mourir d’ennui ?
Dis, pourra t’on revenir ?
C’est que les mains aussi sont lourdes.
Est-on seul en ce pays ?
Ce n’est pas pour longtemps.
Les yeux brouillés savent lire
Dans les nuages et même dans la mer."
A l’aube.
Extrait de Nul n’enferme le vent.
René Prum. Dépôt légal. 1992.
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