"Pour "rester debout", on doit apprendre à "tenir les bouts de vivre/ensemble". Attendant la tombée du soir, chercher sa place dans une terre immense : "on finit par tenir/.../à un rien d'herbe/tenace/devant". L'obstination têtue des choses encourage à faire preuve d'énergie pour surmonter la tristesse d'"une heure creuse". Retenir cette leçon de patience qui permet d'affirmer : "bien sûr ça passe on se refait/on se ravale//le corps prend forme/la mémoire bloque étanche//de nouveau les heures tournent/jusqu'à leur vitesse normale". Il faut traverser, et soir après soir, ces petites morts qui scandent notre expérience intérieure. Le crépuscule fête la défaite d'exister. "On est encore là/donc on peut tenir demain./.../ça devrait aller". "Embourbé d'être", le sujet on "prend de quoi faire digue" contre les eaux sales du chagrin. Parce que le "spleen est sans pourquoi". Une sagesse ascétique commande alors, cette expression de l'expérience la plus simple : "Là ce soir/seul/avec/le jour en vrac//tout est passé". Et ce lyrisme "mouvant et émouvant de la réalité".
"On regarderai/baisser la lumière/en fumant du tabac brun." Poésie pour saluer l'éphémère."
d'aprés la lettre d'Yves Charnet à Antoine Emaz.
Il ne faut pas s'affoler.
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