(...)
« Et soudain, un vide. Un vide infiniment pénible et triste, mais un vide seulement. Pas une forme, pas quelque chose qui blesse, qui bouge et qui en bougeant blesse, comme un corps à l’intérieur du corps, et qui donnerait des coups de coudes. Plus rien qu’un vide, une blessure refermée sur du vide » (…)
(Christian Oster)
Alors…
Écrire
…Écrire contre quelque chose, chercher à éviter plein de choses, et déjà éviter de mal écrire.
Quelqu’un a un problème avec le réel, il en vient à écrire le réel. Mais l’écrivain ne doit jamais oublier qu’il écrit un roman, et là il n’y a pas à proprement parler de réalité. Quoique ?
…Et c’est vrai qu’en écrivant, on voit des choses étranges naître, en se coltinant les mots un à un, en les prenant en main, en les cognant les uns contre les autres pour voir le bruit qu’ils font et en rejetant dans la terre ceux qui ne résonnent pas, des choses apparaissent
…Ainsi ce matin, j’écrivais au passé simple, puis au fil du récit, malgré moi, des passés composés prenaient le dessus, il y a eu alors une lutte entre le passé simple et le passé composé, j’ai laissé faire, à la fin, c’est le passé composé qui a gagné
…me dire aussi que le rire est la moindre des politesses
Et aussi
…que la vie aussi, on devrait la commencer par la fin. Ce serait tout de même moins triste, il n’y aurait qu’une naissance à espérer, là-bas, au loin, la sienne, une course à rebours sur la piste des souvenirs, et une romance en miroir
…parler de la quête et du besoin et de la perte de l’amour, de la quête et du besoin
« les utopies ne s’opposent pas au réel, elles sont l’un des éléments qui permettent de le construre
… écrire, ce n’est pas avoir une ambition littéraire, c’est construire un objet…
…quelque chose de l’ordre du beau. Le roman, c’est un objet bizarre, c’est du sens et du son mélangés, et au milieu de ça, il faut insuffler de la beauté (et de la bonté) car c’est qu’il y a une tension, une tension réelle qui préexiste au livre, à l’écriture
…alors je n’écris que pour répondre à cette tension, et c’est pour quoi, j’écris vite, comme pour mobiliser la conscience, l’attention, le rythme qui s’impose dans l’écriture, une vitesse d’écriture pour des vies de lenteur
…tout est histoire de voix et de tempo
…et tenter de ne pas voir que le bout de son nez
Parce que c’est vrai
…on n’a pas tous les jours, sept ans.
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