à mon père,
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La Taille De Mon Ame. Le titre de l’album est superbe, auréolé du mysticisme qui l’habille, et l’habite. Le corps et le corpus cassé, renversé et déconstruit, Darc ange noir aux ailes de cuir est un être d’une grande sensibilité. Il sait que se mettre à nu est une force, que l’humiliation est un pas vers la sanctification, que la simplicité est le chemin direct du cœur.
Et puis il ose le cynisme et les mots-valise sans sourcilier : l’ironie est une un canot de sauvetage et la dérision un moteur diesel.
« Est-ce que je pleure/est-ce que j’ai peur ?/est-ce qu’aux larmes je suis condamné ? […] Crever c’est comme baiser/ c’est pas parce qu’on a envie qu’il faut l’faire tout ‘suite […] Fuite…et fin/Le premier des deux qui crève attend l’autre. ». Sorry, angel.
A Love Supreme. Car avec Darc, l’amour est partout, même et surtout où il ne se trouve pas, où il ne veut pas. Le sacrifice ultime. C’est la pénitence de l’amour, son infinie solitude, cette soif inextinguible, au cœur de la nuit haletante, sous la pluie.
«Nos pauvres vies/ nos nuits privées d’étoiles »
L’amour. Des vivants et des morts. Qui noircissent les souvenirs et les endeuille. Absents emportant la part de soi que l’on préfère : sa jeunesse.
« C’était bien mieux avant/ Moi je sais que le temps/n’attend personne autant […] Personne ne sortira d’ici vivant […] Elle croit avoir des ailes/ I comme Icare, I comme idiote/elle est juste prospect chez les anges du paradis » (C’était mieux avant).
et puis avec une phrase comme celle là, il dit peut être l'essentiel :
« Les femmes, c’est dommageable, ça peut être endommagé et c’est même pas envisageable. »
Rédigé à 02:13 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
http://sadsouls.bandcamp.com/track/meandering
(...)
Ann Arbor’s Tom Auty crafts the most majestic sounds. Under his moniker Sad Souls, he’s released three albums already this year, his latest, Apeiron, delivered yesterday, is a blissful feat. Like its name suggests, Apeiron drifts far off towards the distant horizon, an infinite treat. I will count the nights that I sink into sleep with these sounds.
(...)
Sad Souls, Auty’s moniker, is not exclusive to the forlorn. In fact, most of his songs are like musical haiku weaving every tune and mood to honor the nocturnals and the dreamers. Sifting through the stillness of the night, his acoustic, ambient efforts tiptoe on the delicate, translucent paths that rays of light diffract before hitting our eyes.
It is not that Sad Souls sounds like nobody before him or is incomparable to other members of indie rock class of 2011 especially in this genre-bending stage in music. But it is that Sad Souls’ music captures the essence of how technology and talent come together, reaching out to people with the absence of hype and gimmickry but with a chanced discovery and revelry of that fated encounter. An encounter to a known feeling represented in beautiful harmonies and calm, in deep wallow of melancholia or independence. Much like how it was for me. And this fact ranks his music important to many, to us, who brave to hear what it feels like to be awashed in a reverie of being...
(...)
If we hadn’t just done a You Should Be Listening To… on Thundercat’s whirlwind of an album, we’d be doing one on Sad Souls. Tom Auty is the man behind this special outfit. In addition to contributing to the fabulous music blog Zen Tapes, he makes music under a number of aliases. His most recent project, which may be the first sign of the onslaught of excellent instrument-based fall records that’s about to begin, is full of dreamy and beautiful tunes ripe for any relaxing moment. The nine songs focus around repetitive guitar loops saturated with echo and reverb to produce incredibly serene backdrops. Close your eyes and dream, it’s not going to be difficult.
Rédigé à 23:39 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Avec ce titre provocateur (Vacuum signifie "vide" ou "pompe à érection") la jeune Anja Plaschg annonce la couleur de sa musique sulfureuse et charnelle qui ne fait pas de concession. C'est qu'elle en a le pouvoir : un look de veuve noire, des mélodies funèbres, un chant puissant qui se transforme en plainte ou en râle selon ses humeurs...
Dès les premiers accords de piano plaqués de "Sleep", le poil se dresse sur un épiderme aux aguets. Voici un caractère fort, une artiste certes jeune (19 ans) mais furieusement mature.
Un petit miracle de trempe rageuse
Chaque titre est une descente dans un abysse de tristesse truffé de marches cassées.
Et pourtant, le périple révèle une beauté âpre et mystérieuse par la grâce de mélodies au lyrisme sauvage teinté aussi d'une grande vulnérabilité.
Avec l'agilité d'une concertiste, Anja déroule sur son piano une partition tantôt grandiloquente, tantôt retenue mais toujours viscérale. Son chant se déchire de façon vibrante comme sur le superbe "The Spinacle" qui laissera plus d'un auditeur lessivé face à cette subite décharge d'émotion .
Parfois des arrangements de cordes s'engouffrent comme un courant d'air dans cette cathédrale sonore glacée ("Marche Funèbre"). Des laptops viennent prendre le pouls et vérifier que la vie n'a pas complètement déserté l'espace ("Fall Foliage", "The Sun", "Turbine Womb"). Pas d'inquiétude, la chose tapie dans le noir est toujours là et chante aussi des berceuses ("Brother of Sleep"). Oiseau frêle ou ogresse, Miss Plaschg jette un sort à quiconque s'aventure sur le terrain miné de ses chansons.
Rédigé à 02:50 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La bande-son des matins d’hiver, il fait blanc dehors, la bouilloire siffle et la voix ouatée de The Last Morning Soundtrack s’élève au milieu des grelots et des voix d’enfants (...) Véritable manifeste pour une mélancolie solaire, hymne à la sainte déprime créatrice de rîmes. De courtes comptines compulsives, où les fêlures de l’âme servent surtout à faire passer la lumière (...)
Sylvain Texier ne cache pas son admiration pour Sufjan Stevens, Chris Garneau ou Bon Iver. Mais pour que le batteur (ex-Pleyad) de vingt-sept ans passe derrière le micro et la six-cordes, il a fallu un traumatisme, une absence, un abyme de solitude qu’on ne peut transcrire qu’en le vivant. Deux ans et demi après quelques morceaux en chambre, le discret Rennais sort enfin son album. Non sans mal. Il lui a fallu des mois pour trouver le mixage idéal entre sa voix subtilement posée, à la fois présente et absente, les guitares acoustiques, le glockenspiel, le toy piano et autres cordes.
(...)
… Douce désolation, mais moins figée que ne l’indique la pochette vaporeuse. Malgré la retenue de son chant, Sylvain Texier suggère le chemin à parcourir pour sublimer des souffrances, sans jamais trébucher dans le misérabilisme. Dans l’espace laissé aux mélodies pour s’épanouir, il conjugue la force d’expression du néo-folk américain à un sens pop plus britannique. La bande-son d’un dernier matin, qu’on peut choisir d’interpréter, selon l’humeur, comme un constat de fin ou l’amorce d’un nouveau départ. (...)
Rédigé à 23:24 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
À notre époque touchée par l'amnésie, pas étonnant que ce nom d’Idaho reste peu connu, sa musique trop peu spectaculaire n'ayant d'ailleurs jamais touché le plus grand nombre. Pas grave, tellement ce nouvel album, inespéré depuis six ans, du solitaire Jeff Martin perpétue avec une belle harmonie et tranquillité l'art en demi-teintes d'un courant finalement vivace qui n'a pas dit son dernier mot, le dernier album en est le meilleur exemple. Intimistes et désolées, les courtes pièces d'Idaho ne respirent pourtant nullement l'abattement, juste une beauté chiffonnée et souveraine :
Disque changeant sous ses airs paisibles et accueillants, "You Were A Dick" privilégie les formats courts, alterne ballades intimes, rocks feulés plus électriques et courts instrumentaux. Une sorte de bréviaire, peut-être imparfait mais attachant, qui donne corps et âme, voire énergie à la mélancolie rêveuse et positive. Autant épanchement de son humeur que source de joie, le tout d'une élégance vraiment intemporelle
Peut-être trop intemporel dans une période avide de nouveauté, fut-elle éphémère et périssable. Mais alors que les hypes qui s'affichent partout risquent vite de disparaître de notre mémoire, m'est avis qu'on réécoutera encore dans quelques années avec affection et plaisir cet opus épanoui et finalement insaisissable.Et après tout, que son nom circule partout ou soit ignoré des tops de fin d'année, quelle importance ? Une fois que vous aurez poussé la porte de son abri biscornu, l'album d'Idaho vous sera devenu une adresse que vous serez content de fréquenter.
(Merci Blake)
Rédigé à 00:43 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)